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Les boutures

On affirmait autrefois que les boutures pratiquées entre le 25 août et le 6 septembre réussissaient toujours… Quoi qu’on puisse penser de cet adage populaire, il est certain que le choix de l’époque est excellent. Après quatre mois de végétation, les tiges de la plante sont fortes, les tissus sont sains, en pleine maturité. La montée de la sève, convenablement dirigée, peut favoriser un véritable renouveau de la plante. Il faut pour cela une certaine expérience et un bon outillage.


Le bouturage est parfois une opération superflue, surtout quand on la pratique sur des espèces rebelles à cette forme de multiplication, mais il existe certains types de boutures, classiques, faciles à réussir et qui donnent d’excellents résultats. Nous donnerons ici quelques exemples bien connus.

Les géraniums (Pélargoniums, pélargonium zonal)

Tous les géraniums, qu’il s’agisse de géraniums dressés, de géraniums-lierres ou de géraniums senteur, se bouturent très facilement. On prélève des rameaux qui comportent un bourgeon terminal et possèdent au moins 10 cm d’écorce aoûtée (on dit qu’une écorce est aoûtée quand elle est dure, un peu blanchâtre et les yeux bien formés).

Le rameau choisi doit avoir une vingtaine de centimètres de long, et la coupe doit se trouver à un tiers de centimètre au-dessous d’un œil. On ne laisse que les jeunes feuilles et l’étage de feuilles situé juste au-dessus, et on effeuille soigneusement tout le reste, sans oublier les feuilles en forme de demi-anneau placées au-dessus du pétiole des feuilles principales.
Toutes ces membranes, trop tendres, risquent de provoquer un pourrissement si elles sont enterrées. Placées à l’air libre, elles augmentent l’évaporation et risquent de fatiguer la bouture. Il faut également sacrifier tous les boutons à fleurs, quelle que soit leur taille.

Après quoi, on laisse les boutures ainsi « parées » une journée entière sur une table, à plat et à l’ombre. La coupe sèche un peu et risque moins de pourrir après avoir été placée dans un milieu clos et humide.

Il est préférable de séparer les boutures les unes des autres, pour éviter le risque de pourrissement ou même de contamination; c’est pourquoi l’emploi de godets séparés est recommandé. On remplit ces godets de sable de rivière (trois volumes) et de terreau tamisé (un volume), on draine le fond avec quelques petits gravillons et on enduit la plaie d’un produit hormonal. La bouture doit être enterrée sur 10 cm sans être piquée dans le godet : on la cale simplement, après l’avoir présentée à une bonne hauteur. Les godets eux-mêmes sont enterrés aux deux tiers de leur hauteur dans un endroit calme et ombragé.

On les arrose légèrement le matin et le soir en bassinant le feuillage. Il est également possible de les laisser dans une serre froide, si l’aération du local est bonne et si on dispose d’un ombrage efficace.

Les autres boutures

Il existe d’innombrables types de boutures. On peut bouturer les fuchsias de la même manière que les géraniums. En ce qui concerne les boutures d’arbres, comme les buddléias, les forsythias, les lauriers-roses et les saules, on procède également de la même façon, en augmentant toutefois le volume des godets, que l’on porte à 20 cm de diamètre, et celui des boutures; elles ont environ 40 cm de longueur et sont enterrées sur 25 cm. On conserve les feuilles sur les 15 cm terminaux.

Les boutures très importantes sont plus faciles à effectuer en pépinière qu’en vase. Il faut seulement disposer, sur 30 cm de profondeur, une couche de sable et de terreau (trois volumes de sable pour un volume de terreau); l’écart entre les différentes boutures est de l’ordre de 12 à 15 cm. Cette « pouponnière » (les Anglais parlent de nursery) est placée à l’ombre, à l’abri du vent. Il faut l’arroser et la bassiner le soir et le matin.

Quelques exemples de boutures supplémentaires

On peut multiplier ainsi certaines plantes vivaces à feuilles grasses, comme les sédums, les valérianes, les joubarbes (Sempervivum), sans la moindre difficulté, ainsi que les plantes qui produisent des stolons portant des plantules de taille minuscule, comme les fraisiers, les potentilles du Népal et le chlorophytum.

Il suffit de prélever un fragment de tige de 4 à 10 cm de longueur selon la taille des plantes, d’en effeuiller la partie inférieure et de replanter directement en place. Cette mise en terre est définitive, et un simple arrosage quotidien suffit.

Quant aux sempervivums, qui forment des colonies rattachées par un filament à la plante mère, il suffit de les replanter avec 5 ou même seulement 3 cm de ce filament.
La multiplication des plantes à stolon peut d’ailleurs à peine être appelée un bouturage. Il s’agit plutôt d’un marcottage naturel. On isole le jeune pied en coupant de part et d’autre 10 cm de stolon et on replante directement
Quelques remarques pour les amateurs avertis

Il nous reste à parler des boutures de rosier.

Elles doivent être faites de préférence sous cloche ou en serre froide. On procède ici comme avec les autres boutures d’arbustes, en employant des vases de terre cuite ou des bacs qu’on recouvre d’une cloche de plastique transparente. Le sol doit être assez humide. Ce genre de bouturage, assez compliqué, constitue une sorte de luxe. Certaines variétés, devenues introuvables dans le commerce, ne peuvent cependant plus être obtenues que de cette manière.

Un commentaire

  1. Pour les boutures sur des especes difficiles a bouturer, on conseille de pratiquer un garrot sous un ?il avec un fil de fer quelques jours avant de prelever la bouture. Cela permet d’accumuler de l’ auxine naturellement au niveau de la coupe de la bouture, ce qui favorise la reprise

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